Y'a un début à tout.

On reprend depuis le début.

Je m'appelle Mathilde, j'ai quinze ans, j'aime la musique et les mots. Je regarde les feuilles qui tombent, un sourire idiot accroché aux lèvres. J'use et j'abuse du mot pathétique, je ne retiens pas mon code pin, mais mon numéro d'identité nationale, si. Je perds tout, je suis une distraite. Je vous citerais Yann Tiersen&Emilie Simon, mais aussi Pierre Rapsat, Dionysos, Front 242, Jacques Brel, Saez & Thomas Fersen. Je pourrais vous en citer d'autres mais je n'en vois pas l'utilité. J'aime Amélie Nothomb, Stephenie Meyer et Frédéric Beigbeider. 99 francs, HP 5, Fascination, Maintenant qu'il fait tout le temps nuit.., La vie interdite, Vol de nuit et Ernest&Célestine. Pour le moment, je découvre la littérature classique francophone. J'aime le français, le néerlandais et le latin. Je n'aime pas la physique. J'apprends la guitare, je cours régulièrement, j'écris et je me parle souvent à moi-même. J'aime bien sautiller, et je n'ai aucun sens du rythme.
Mis à part ça, je suis entre la timidité excessive et l'absence totale de timidité. Parler de la solitude d'un pauvre morceau de pain avec le monsieur de chez Délifrance ne me pose aucun problème, tandis qu'avoir une conversation de plus de deux phrases avec d'autres personnes me semble tout bêtement infaisable. Je suis d'une maladresse abominable, et en règle générale, je suis gentille. Je crois. Je suis souvent un beau tissu de contradictions, je n'aime pas me taire quand j'ai quelque chose à dire, et je n'aime pas interrompre les autres non plus. Je vis pour plein de choses, dont peu sont en rapport direct avec moi-même. Je fais une légère obsession sur l'orthographe, qui ne sont après tout que des règles dictées par une bande de gens qui n'avaient rien de mieux à faire de leurs journées. J'ai un humour de chaussettes pitoyable, et si je me décris, ce n'est pas pour mieux commencer, c'est pour mieux finir.

Qui m'supporte me suive.

# Posted on Friday, 14 November 2008 at 3:54 PM

Edited on Friday, 14 November 2008 at 4:13 PM

(Light the way ).

Bonjour,

Je ne sais pas comment tu t'appelles, je ne sais pas si tu le sais toi-même, mais je vais quand même te parler. Te raconter tout ce que j'ai à raconter, et le mieux c'est que tu peux décider d'arrêter de lire quand tu veux. C'est quand même beau la liberté.
C'est d'ailleurs un beau mot, la liberté. Mais personne ne sait ce que ça veut dire. D'un point de vue utopique, si. La liberté, ce serait pouvoir faire ce qu'on désire. Ce qu'on aimerait. Dans le sens où notre corps nous obéirait, notre esprit aussi. La petite voix se tairait, et la seule personne qui nous contrôlerait, ce serait nous-même. Mais dans la réalité, c'est pas pareil. La liberté s'y apparente plus à des contraintes qu'on enlève. Et on appelle ça la liberté, paf. C'est un beau mot, il en jette alors on dit qu'on est libres. Mais on est pas libres, c'est juste une illusion, comme un oasis dans le désert.
Je les sens pas, ces phrases sur la liberté. Je sais ce que j'en pense, mais j'ai du mal à le formuler. J'suis p't'être trop jeune, ou alors je sais pas de quoi je parle. De toutes manières, on m'a toujours accordé la plus grande des libertés, le droit à l'expression. Je l'avoue, je suis une pourrie gâtée.
Je n'arrive plus à écrire. Ca me démange. Une semaine à regarder des feuilles blanches, à écrire mais à ne rien écrire de bien. Oh, la grammaire va très bien, mais dès que j'essaie de parler d'un sujet qui me tient un peu à coeur, tout part en cacahouètes. Tout, la grammaire, le vocabulaire, les idées. C'est pathétique.
Mon cours de français m'endort. Je n'ai même pas envie de gribouiller dans les marges, je m'endors à moitié. Je ne compte même pas les secondes, je ne fais même pas semblant de m'y intéresser. Mais j'écoute quand même, en m'endormant. En fait, tout m'endort. Le latin aussi, avec l'heure de théorie grammaticale. J'entendais vaguement la prof', et au bout d'une heure d'explications, tout ce que j'aurais été capable de vous dire, c'est le titre, incomplet, de la leçon. Ca portait sur les interrogations, vous voilà bien avancés.
Oh et j'ai réfléchi. Mon adresse IP, elle finit par 93. Je crois bien, si j'ai bien écouté ce que m'a raconté mon papa le jour où, armé d'un crayon et d'un bout de papier, il a tenté de m'expliquer le principe d'Internet, et aussi d'un disque dur. Je crois même que j'avais compris. Ca a l'air barbant, hein ? Je vais pas vous contredire, apprendre comment un disque dur fonctionne, ce n'est pas vraiment passionnant; avec Papa, ça peut l'être pourtant. Avec papa, un bout de papier et une écriture pattes de mouches.
J'écoute encore « À ton étoile ». De Yann Tiersen & Bertrand Cantat, lors d'une Black Session. C'est peut-être la dixième fois que je le répète, ça peut devenir saoûlant. D'autant plus que j'ai beau en parler, personne ne voit très bien qui est Yann Tiersen (hormis que c'est un pianiste, qu'il a fait Amélie Poulain, qu'il a écrit Monochrome que j'écoute quand je ne vais pas bien, que je l'aime beaucoup et que je vous casse les pieds avec ses duos), et peu de gens voient qui est Bertrand Cantat. Et pour couronner le tout, peu de gens voient pourquoi j'aime bien ce duo. J'ai envie de vous dire qu'il n'y a pas tellement d'explications, que je l'aime, que même enveloppée dans quatre pulls, il me donne toujours une envie de pleurer (aucun rapport avec les pulls, j'admets). Le pire étant de lire Fascination en écoutant A ton étoile. C'est pour ça qu'en général, je n'aime pas trop qu'on me regarde lire. Même en classe, je suis tellement gênée que j'agite les jambes comme si j'avais un marathon à faire. Le souci n'étant pas d'entendre ma voix, pas plus que de prononcer les mots, ni de ne pas finir essoufflée à la fin de la phrase. Non, c'est juste que j'ai tendance à rentrer un peu trop vite dans les mots. D'ailleurs à force de pleurer comme ça, pour tout et pour rien, sans savoir m'arrêter, même avec la meilleure volonté du monde, j'ai peur d'un jour oublier comment on fait.
Le manque de discernement des gens* m'agace. Je ne dis pas que je suis plus douée, notez bien, mais il paraît que c'est agaçant quand je me critique, alors bon. Vous savez, les gens ils sont là, et ils ne voient jamais quand vous n'allez pas bien. C'est peut-être moi qui le cache, je ne sais pas, mais par moments je me demande si le monde est aveugle, ou quoi ? Pas que pour le moment je n'aille pas bien. Je vais bien, je suis fatiguée, mais je souris, je ris, je bondis, je chante What became of the likely lads (mais seulement le refrain parce que le reste je sais pas). J'écoute les gens. Eux ne m'écoutent pas trop. Ou alors d'une manière tellement chiante que j'ai envie de leur foutre deux baffes et de m'en aller en claquant la porte. Je ne joue pas à la pauvre petite incomprise, j'essaie de comprendre pourquoi il y a un sourire imbécile, un désir de conquêtes quand on demande à quelqu'un ce qui ne va pas. La psychologie, c'est pas mon trip. C'est un peu comme le basket, dans le fond je trouve ça très cool, mais je suis une vraie quiche.

*Et les exceptions SONT nombreuses. Là, c'est clair ?

Mathilde.

# Posted on Friday, 14 November 2008 at 3:03 PM

Edited on Friday, 14 November 2008 at 4:23 PM

Un peu lassée par toutes ces idioties dignes des primaires. Ne voir que ce que l'on veut bien voir. Fortement pathétique.

Un peu lassée par toutes ces idioties dignes des primaires. Ne voir que ce que l'on veut bien voir. Fortement pathétique.
J'étais la dernière dans mon bus, j'avais froid. Il faisait tout noir sur l'ancien chemin de fer, mais je ne suis pas tombée. Mes yeux piquent, je rêve. Je sais pas c'est quoi mon rêve, c'est peut-être de savoir rêver ? Oh, j'suis quelque part entre "heureuse" et "nostalgique". « On s'en fout, on est tout, on finira au fond du trou. » Je l'ai écoutée en attendant mon bus. Comme il était en retard, j'ai eu le temps de l'écouter plein de fois. Pourquoi ? Je sais pas, parce que j'avais envie ? Sûrement. Aujourd'hui j'portais une chemise trop grande, et j'avais l'air d'un maçon ou d'un truc pareil. Tant pis.

# Posted on Friday, 14 November 2008 at 12:52 PM

Oh, you're so clever, you're so clever But you're not very nice So fuck forever If you don't mind Oh I'm stuck forever In your mind, your mind, your mind

Oh, you're so clever, you're so clever But you're not very nice So fuck forever If you don't mind Oh I'm stuck forever In your mind, your mind, your mind
L'arbre ployait sous le poids des nombreux fruits. L'arbre n'en avait rien à foutre. Strictement rien à foutre. Tout ça, sa progéniture, n'importe quoi ! Il voulait juste crever, pour enfin changer de paysage. Comme si l'arbre avait envie de donner vie... Comme si il avait envie d'imposer quoi que ce soit ! Mais l'arbre était toujours obligé de faire ce qu'on lui dictait de faire. Et puis c'est qui, ce foutu "on" ?! La puissance suprême, le Dieu ultime, que personne n'avait jamais vu, jamais entendu. C'était celui qui avait le fil de ta vie entre ses mains, qui s'amusait. On l'imagine ricanant, jonglant avec le destin des arbres comme si c'était un simple jeu. Le destin d'un arbre, c'est de subir les fantaisies du maître. Pas d'y obéir, mais de subir. Il subit, il passe sa vie à se regarder subir, il pourrait presque sortir de son corps d'arbre et regarder des heures, des siècles durant tout ce qu'il fait. Il voudrait tant être stérile, faire pourrir ses fruits pour éviter que d'autres aient le même destin que lui mais il ne peut pas. Il était condamné à pleurer silencieusement, car un arbre ne sait pas pleurer. Il voudrait se rebeller, mais il ne sait pas. L'arbre est condamné à subir, et à attendre. Que la fin vienne. L'arbre ne croit pas en la survie de l'âme, de l'esprit, tous ces trucs auxquels on attache beaucoup d'importante. Lui, il dit que quand la sève arrêtera de monter, il ne sera vraiment plus rien, on aura tout effacé, delete, reformatage. Du moins, il l'espère.

Avec la plus belle illustration qu'on puisse imaginer, de Camille, dessinatrice du plus cool escargot du monde. Léo, le détecteur de gens bien. <3.


« Et dans l'ombre en silence
Si tu cherches un abri inaccessible
Dis-toi qu'il n'est pas loin
Et qu'on y brille. »

# Posted on Tuesday, 11 November 2008 at 4:06 AM

Edited on Wednesday, 12 November 2008 at 2:31 PM

Là comme un con, petit garçon sur le trottoir, hurler ton nom au désespoir. C'est pathétique. Qui aurait cru que le brigand, que le bandit de grand chemin, que le tigre sans coeur, soit la brebis...

Il est 21h38, et si je dois écouter mon papa (et il paraît que c'est ce que je dois faire, selon une feuille scotchée à côté de mon ordinateur) je devrais aller dormir. Je pense qu'il a compris que je ne m'endors pas, que je passe du temps à avaler des bouquins et à regarder par la fenêtre. Je sais pas, c'est une drôle d'impression. C'est comme si à 21h30, j'allais à une activité quotidienne, comme je vais au volley ou à l'école. Tous les jours, à 21h30, je m'en vais lire en rêvassant. J'ai envie d'écrire. Pas tellement de m'exprimer sur un sujet, pour le moment j'écris pour le plaisir de faire des phrases. C'est moins glorieux que d'écrire parce qu'on a quelque chose à dire, je le sais bien. Mais franchement, quitte à être pathétique, un peu plus ou un peu moins, y'a pas vraiment de différence.

J'm'appelle Mathilde, et mon numéro d'identité sociale, c'est le 93.10.11-206.32.
Parfois, je préfère être 93.10.11-206.32, un numéro, sans personnalité, sans rien. Parce qu'y'a des moments où je vaux pas mieux qu'un numéro. Bisous.

# Posted on Tuesday, 11 November 2008 at 3:44 PM